L’annonce d’un diagnostic de maladie grave

Publié le par Kris

Moment au combien délicat, l’annonce du diagnostic d’une maladie au pronostic défavorable repose sur les bases de la relation médecin-malade.

Le médecin doit œuvrer dans l’intérêt du patient et tenir compte de sa souffrance. L’information se doit d’être « loyale, claire et appropriée sur son état », autrement dit adaptée et compréhensible.

Toutefois, sous réserve des dispositions de l'article L. 1111-7, dans l'intérêt du malade et pour des raisons légitimes que le praticien apprécie en conscience, un malade peut être tenu dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic graves, sauf dans les cas où l'affection dont il est atteint expose les tiers à un risque de contamination.

Un pronostic fatal ne doit être révélé qu'avec circonspection, mais les proches doivent en être prévenus, sauf exception ou si le malade a préalablement interdit cette révélation ou désigné les tiers auxquels elle doit être faite.

Le Professeur Philip, nous expliquait que l’annonce devait être effectuée en plusieurs temps. L’annonce en elle-même, tragique et justifiée par des résultats d’examens objectifs et le savoir faire/ l’expérience du médecin. Un second temps pour répondre aux questions naturellement apparues chez le patient et évaluer ses détresses. Lors de ce second rendez-vous le choix thérapeutique est discuté avec le patient et soumis à son approbation (consentement).

L’annonce est un traumatisme psychologique indépendamment de toute souffrance physique (mais également somatique). Il met en balance les ressources de l’individu, ses expériences passées et son affect. Cette relation de confiance doit placer le patient au centre de sa prise en charge globale et personnalisée tel que le prévoit la loi du 4 mars 2002. Elle prépare le deuil de la situation de "bonne-santé" et l’acceptation des soins.

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Kris

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sandra 10/06/2007 22:18

Merci d'aborder un sujet aussi délicat que l'annonce d'un diagnostic de maladie grave.
Je tiens a y ajouter ma contibution en tant qu'infirmière, parce que s'il est évident que cette difficile tache revient au médecin, les infirmières qui interviennent par la suite ont souvent, à y revenir avec le malade quand celui ci débute les soins inhérents à cette pathologie grave.
En effet , je constate souvent que les patients ont entendu ce dont ils souffraient mais il leur reste souvent  une part de doute, et les infirmières ont souvent à préciser ce qui  a été dit par le médecin. Malheureusement nous sommes très peu formés, et il y a parfois des discours maladroit.
Quant à la vérité dite au malade, elle est bien souvent en demi teinte, et les patients demandent souvent aux infirmières ce qu'ils n'ont pas osé demander au médecin.
Enfin quand l'annonce est faite en milieu hospitalier, je trouve interessant d'y associer une infirmière, parce que dans ce cas cela permet d'avoir un discours cohérent et une cohésion d'équipe pour la future prise en charge.
J'apprécie beaucoup ta vision de l'annonce en 2 temps, qui devrait être la règle, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas.
Dans tous les cas félicitations d'aborder tous ces sujets qui interessent autant les malades que les professionnels .
 

Kris 11/06/2007 00:27

Merci Sandra ! Et bienvenue sur le Blog de JSC-Lyon.Ton approche professionnelle est fort intéressante, (j'ai hâte d'en discuter de vive voix). Ton analyse est pertinente et tes remarques judicieuses. Bien que la position de l'infirmière soit majeure et permette au patient d'exprimer ses craintes et de reformuler les choses, elle n'en demeure pas moins délicate. En effet, l'équipe se doit être soudée et communiquer pour que la prise en charge reste cohérente et en adéquation avec l'orientation médicale. En conclusion, ce n'est pas une étape à prendre à la légère ! Les conséquences en terme psychologique sont cruciales, y compris dans le déroulement de la thérapeutique et des soins.

kiosque info cancer lyon 09/06/2007 12:28

Kris vous devriez peut être envisager un article sur la mise en place du dispositif d'annonce. A moins que ce ne soit déjà fait ?

Kris 09/06/2007 12:36

Merci de tous ces commentaires et de votre soutien !"un article sur la mise en place du dispositif d'annonce" ???- J'ai abordé les deux temps et les bases de la relation Médecin-malade, non ? Enfin, la loi précise tout cela au besoin. Pourrais tu m'en dire plus sur vos attentes ? Je suis parfaitement disposé à revenir sur ce sujet si fondamental. Bises et bon we mesdames.Kris

Espoirtoujours 09/06/2007 09:26

Je ne savais pas du tout que le refus de soin était inscrit dans une loi. Mais dans le cas d un enfant qui peut refuser les parents ou l enfant ?

Kris 09/06/2007 10:35

Les deux mon capitaine ! En fait tout repose sur la relation tripartite rassemblant les parents et le médecin référent autour de l'enfant. Les situations s'analysent au cas par cas et devraient être toutes consensuelles. La place de l'enfant est mise en avant et si on recherchera à lui offrir le meilleur conseil médical et d'accompagnement (par un tiers, adulte, s'il le faut) ; il devrait toujours avoir le dernier mot. A ceci près que la maturité de l’enfant doit être prise en compte et que l’autorité parentale demeure.Encore une fois : « Les situations s'analysent au cas par cas et devraient être toutes consensuelles. »Nous avions déjà abordé ce sujet dans l’article suivant : Le Consentement du Mineur article du vendredi 25 mai 2007.Kris

Virginie 07/06/2007 01:49


Le psychologue veille justement à ce que cette transmission d'informations se déroule le mieux possible.  Le partage de l’information est aujourd’hui un devoir du personnel soignant vis à vis du patient. Cela dit, tout ne doit pas être dit et pas n’importe comment selon le Code de Déontologie Médical. Si le patient a dorénavant droit à l’information médicale concernant son état de santé, cette information ne doit pas pour autant (comme nos compatriotes américains) se montrer totale et brutale. L’information doit être adaptée à la subjectivité, à la sensibilité et à la santé psychique du patient. Cette adaptation de l’information permet de limiter l’effet traumatique de l’annonce du diagnostique ou de l’évolution des traitements. Cela dit, elle ne parait pas représenter une tâche facile pour le praticien qui ne dispose pas toujours d’éléments suffisants et de connaissances pour évaluer à sa juste valeur l’état psychologique d’un individu.
Le psychologue peut alors l’aider dans son intuition et son évaluation de l’état psychique de l’enfant et sa famille et leurs besoins d’informations. Le psychologue peut également jouer le rôle de médiateur dans la relation médecin-patient vis-à-vis du déroulement des traitements.
Le refus de soins est désormais depuis 2002, un droit reconnu pour le patient. Cela dit, la loi stipule que tout refus doit être analysé. Le psychologue aide le médecin à comprendre les raisons d’un tel choix, qui peuvent provenir d’un état dépressif ou de révolte à l’égard du médecin. Et si cela met en péril la vie de l‘enfant le médecin doit selon la loi tout mettre en œuvre pour dissuader les parents de leur choix, le psychologue peut l’y aider.

Kris 07/06/2007 02:09

Mille mercis Virginie. Ton approche est une véritable valeur ajouté.Bises, Kris